Pourquoi les étiquettes détruisent l’ estime de soi ?

mauvaise estime de soi: enfant caché derrière un arbre

L’estime de soi c’est se faire confiance, s’aimer, ne pas se dévaloriser. C’est essentiel pour bien vivre sa vie et bien vivre avec les autres. C’est une notion que l’on doit cultiver chez nos enfants.
Pourtant nous avons souvent des comportements qui vont à l’encontre de cette notion.
Une des erreurs les plus couramment faites dans nos relations et qui porte atteinte à l’estime de soi est de confondre l’enfant avec son comportement.
« Que tu es agité ! »
« Les petites filles sages ne disent pas de gros mots. »
« Tu es un menteur. »

On enferme notre enfant dans un rôle dont il ne pourra plus se défaire

Face à un évènement qui nous est désagréable Nous avons facilement tendance à donner des qualificatifs à nos enfants en utilisant le temps présent (comme un temps d’habitude). Pourtant, même si ce n’est pas la première fois que notre enfant manifeste un comportement difficile (difficile pour nous en tous cas), parler de lui en général va l’enfermer dans un rôle dont il ne pourra plus se défaire. C’est comme lui coller une étiquette.
« Que tu es maladroit » revêt un caractère intemporel qu’il faut éviter. En effet, l’enfant risque d’entendre:
« Tu viens d’avoir un comportement maladroit, comme tu as eu hier et comme tu l’auras encore demain. »
Cela atteint profondément son estime de soi.

Attention à l’effet pervers « rassurant » de l’étiquette

Nous devons encadrer nos enfants, cela les rassure et leur permet de grandir en toute sérénité. C’est à cela que servent les règles et les limites. Sentir les limites du cadre leur permet de se développer et de s’épanouir en toute quiétude à l’intérieur de celui-ci.
Et dans un sens, confondre un enfant avec son comportement est aussi une manière de l’enfermer dans un cadre. C’est là le danger. A terme, l’enfant peut adopter le qualificatif qu’on lui a attribué pour se rassurer et se trouver des excuses. Au début lorsqu’il entend « tu es maladroit », il se sent dévalorisé et attaqué. Mais à force de l’entendre, même s’il continue à se sentir dévalorisé, il va aussi apprivoiser ces mots. Il va les adopter comme une habitude rassurante et se créer avec eux une zone de confort dans laquelle il va s’installer. C’est là l’effet pervers de la répétition d’un qualificatif- étiquette attribué aux enfants. C’est un processus dangereux et très nocif à leur estime de soi. Voilà ce qu’ils risquent de penser :
«Inutile que je m’engage dans ce projet, de toutes façons je suis tête en l’air. Je n’arriverai jamais à tout faire correctement. »
« Je vais laisser les autres choisir quel jeu on va faire. De toutes façons, je ne prends pas de décisions assez rapidement pour eux. Ils disent que je ne sais jamais me décider. »

Corriger cette mauvaise habitude en pratiquant la visualisation

enfant caché derrière son comportementLors de ses séminaires, Jacques Salomé nous donne une véritable méthode pour se débarrasser de cette mauvaise habitude. Par la pratique de la visualisation il nous montre comment distinguer une personne de son comportement.
Il suffit de symboliser l’enfant par un objet, un petit personnage par exemple et de placer un autre personnage dos à lui, qui le cache et qui symbolise son comportement. Quand nous nous trouvons face à l’enfant caché par son comportement, ça n’est pas de l’enfant que l’on doit parler mais de son comportement immédiat. En symbolisant le comportement par un objet, on va le visualiser et éviter de ne voir que l’enfant.
« Tu viens de trébucher. » Et non « Tu es maladroit »
« Tu viens de dire un mot qui est interdit. Je ne veux plus que tu le redises. » Et non « Tu es grossier ou malpoli »
« L’information que tu me donnes est inexacte. » et non « Tu es un menteur »

La solution, distinguer l’enfant de son comportement

Pour résumer, essayons de nous débarrasser de cette tendance à utiliser des tournures de phrases inappropriées. Pour cela, il nous faut lutter contre nos réflexes, ralentir, même en situation « d’urgence ». Prendre le temps de choisir ses mots. Ne pas réagir en utilisant des expressions toutes faites mais plutôt se donner le temps d’observer et de décrire sans aucun jugement. De cette façon nous arriverons à distinguer nos enfants de leur comportement et apporter une pierre à la construction de leur estime de soi.

Et vous, comment favorisez-vous l’estime de soi des enfants?Flèche parents enfants

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3 commentaires

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  • Bonjour Blandine,

    Je crois que notre défi comme parent est d’éviter de transmettre nos peurs et nos fausses croyances à nos enfants.

    Et comment savoir?
    Quand mes enfants étaient jeunes et que j’avais à rencontrer leurs éducateurs, c’était presque toujours le même challenge. Celui de constater que ce petit défaut, ce trait de caractère à corriger ou cette attitude nuisible pour mon enfant ou pour son entourage, je les retrouvais presque toujours en moi ou chez ma conjointe (je rigolais beaucoup plus quand c’était un défaut de ma conjointe!).

    Cela dit, je me suis retrouvé quelques fois à consulter « pour mon enfant »…

    Et le thérapeute de me dire après quelques minutes d’entretien: « est-ce que je peux vous parler seul à seul ? ».

    Les enfants nous font grandir !

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