Les 3 piliers de la maison idéale avec des enfants

maison idéale enfants

Je suis toujours interloquée de la quantité de magazines, projets d’architecture, décorations d’intérieur qui proposent chaque jour des idées d’agencement d’intérieur sans jamais tenir compte du mode de vie des parents et des enfants.

J’ai eu cependant la bonne surprise de rencontrer récemment une personne qui fait exception à la règle : Maïlys Dorn, architecte d’intérieur. Maïlys met un point d’honneur dans chacun de ses projets à définir en premier lieu qui sont les habitants et quels sont leurs besoins. Aussi, quand Maïlys, qui tient le blog Optimise mon espace, m’a proposé de participer à un laboratoire d’idées sur le thème «s’approprier et partager sa maison », c’est avec plaisir que j’ai accepté. Vous pouvez retrouver son article sur ce sujet en cliquant sur ce lien « Vivre en couple, vivre en famille / famille recomposée : CO-Habitants ? … »

 

Comme vous pouvez le lire dans ma page « à propos », mon besoin d’organisation à la maison lorsque j’étais salariée et que mes enfants étaient en bas âge a vraiment été le déclencheur du blog Familles connectées. Mais j’ai vite compris au fur et à mesure que mes enfants grandissaient que l’organisation ne faisait pas tout : la bonne communication était aussi un élément indispensable au bon rouage du fonctionnement de la maison. C’est pourquoi si je devais définir une maison idéale aujourd’hui, elle reposerait sur les 3 piliers : ergonomie, autonomie, communication.

L’ergonomie, premier pilier d’une maison heureuse

Je ne dis pas que l’esthétique ne joue pas un rôle important. J’ai moi-même travaillé 13 ans dans la mode avec des artistes talentueux et je suis très sensible à la dimension esthétique. Je pense qu’elle procure un réel bien-être, oui mais… pourvu que ce ne soit pas au détriment de l’aspect pratique et ergonomique.

chambre enfant ergonomique et fonctionnelleA quoi bon un splendide salon cathédrale avec des chambres d’enfants minuscules et des jouets qui débordent partout ? A quoi bon un intérieur magnifique avec des rangements tellement peu accessibles qu’il est toujours en désordre ? A quoi bon le charme préservé  dans une habitation quand il est synonyme d’insécurité et qu’on doit toujours avoir un œil sur les enfants sans aucune tranquillité ?

De mon point de vue l’ergonomie doit inclure les dimensions suivantes :

  • Les besoins de chacun : besoin de jouer, besoin de bricoler et d’être créatif, besoin de s’isoler, besoin de calme, besoin de partager, besoin de courir, escalader, se dépenser, besoin de faire vite les tâches ch ..… inintéressantes, refaire le plein d’énergie avec de la musique
  • La logique, le bon sens
  • L’aspect pratique
  • La sécurité qui permet aussi la tranquillité d’esprit

L’autonomie, deuxième pilier d’une maison avec des enfants

lavabo pour enfant autonomeLa maison doit être pensée au maximum (et en fonction de l’âge des enfants) pour que chacun puisse s’y débrouiller sans faire appel à quelqu’un : chaque conjoint doit pouvoir accéder à tout et n’importe quoi sans avoir à demander où se trouve tel papier administratif ou quelle est l’éponge pour les toilettes, ni « tu peux m’attraper la cocotte, toi qui es grand ». Les enfants doivent accéder à leurs vêtements quand ils sont en âge de s’habiller et au placard à vaisselle quand ils sont en âge de débarrasser le lave-vaisselle.

L’idée c’est « si je pars une semaine seule en vacances en déplacement, la maison doit pouvoir tourner toute seule ! ». Oui, je vous entends rire d’ici … C’est pas encore gagné mais c’est en tous cas vers quoi il faut tendre. On pense donc l’agencement de sa maison en s’appuyant sur la merveilleuse phrase de Maria Montessori « apprends-moi à faire seul ».

Et pour y arriver il y a plusieurs trucs :

  • Les routines : tout ce qui doit demander un effort parce qu’on n’a pas envie de le faire doit être inscrit dans une routine (quotidienne, hebdomadaire…). Quand on fait quelque chose par habitude, ça ne demande plus d’efforts. On peut utiliser des mantras, des formules : « le lundi c’est ravioli » et des plannings

 

  • tiroirs avec etiquette pour une meilleure ergonomie pour les enfantsLes dessins et les étiquettes : une étiquette sur le tiroir à « enveloppes », le tiroir à « tout ce qui coupe » (ciseaux, cutter), le tiroir à « tout ce qui colle ». Des dessins et pictos pour les enfants : dessin de chaussette, de sous-vêtements, de playmobil, de kapla…

 

  • Des réveils et des calendriers : utilisez des réveils enfants qui permettent aux enfants se savoir quand ils doivent dormir et quand ils sont autorisés à se lever ou faire du bruit le matin ; faites des plannings qui tiennent compte des moments de transition.

 

  • « Une place pour chaque chose » : évidemment c’est essentiel. Inutile de travailler sur la deuxième partie de la phrase: « chaque chose à sa place », focalisez-vous sur « une place pour chaque chose »

 

Mais aussi :

La communication, troisième pilier d’une maison de rêve

Bien appliqué, le deuxième pilier, l’autonomie est déjà une étape de la communication à la maison. C’est même la maison qui communique en montrant à tous comment elle fonctionne et où sont rangées les choses.

On peut aller plus loin en faisant parler les objets. Cela permet aussi de mettre de l’humour et de rendre moins désagréable le tableau des règles de la maison.

Pour favoriser la communication, voici quelques moyens à utiliser :

  • post-it pour une maison idéale organiséeLes post-it : il suffit d’en coller là où on voudrait qu’une action soit réalisée avec un petit mot très court : « les chaussettes sales vont dans le panier à linge » ou avec humour : « -dis donc chaussette droite : tu pues des pieds ! va dans le panier à linge – tu t’es pas senti chaussette gauche, viens avec moi ! » ; ou on peut aussi coller un post-it à côté de la boite de jeu restée sur le canapé, qui dirait : « j’aimerais bien ne pas me faire écraser par des fesses, tu peux me ranger dans le placard ? »

 

  • Le tableau des règles de la maison : il est essentiel que chacun des enfants sache ce qu’on attend de lui. Impossible de deviner ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas quand on est un petit être humain et qu’on découvre avec émerveillement tout ce que notre corps est capable de faire jour après jour. Alors on l’affiche clairement.

Pour faire un tableau de règles :

  • on parle à l’affirmatif : « j’utilise mes mains avec douceur » (au lieu de « je ne tape pas ») ; « les jouets vont dans le panier à jouets » ; « je peux faire des jeux d’écran pendant 1 heure maximum » ; « je m’habille dès que le me lève »
  • On ne met que les règles les plus importantes (éventuellement 1 panneau adapté à chaque pièce de la maison)
  • On intègre des notions positives : « j’ai le droit de rire fort quand je suis content »
  • On relit l’article « Règles de la maison, les fixer en cinq étapes »

 

  • tableau pour s'organiser avec les enfantsLe tableau Velleda ou ardoise : à porter de mains d’enfant. Il sert à écrire tout ce qu’on veut (surtout les enfants) : qu’on est heureux ou qu’on n’est pas content (on a déjà vu que lorsqu’il exprime ses émotions, l’enfant se sent entendu; il est plus détendu et coopératif). Le tableau sert aussi à se rappeler de quelque chose d’important qui concerne plusieurs membres de la famille ou à souhaiter bienvenue à des copains
  • L’appareil enregistreur, pour se parler quand… on n’a pas envie de se voir !
  • Une liste de course à disposition de tous : il n’y a plus de céréales ? Celui qui finit le paquet l’écrit sur la liste
  • Un planning compréhensible par les enfants : pour les aider à se repérer dans le temps

Ma cerise utopique sur le gâteau de la maison idéale ?

Je rêve d’un interrupteur dans la cuisine qui allume un petit panneau qui dit « à table » dans la chambre des enfants et des ados: pas de cris, pas d’escaliers à monter…

 

Voilà, ma maison idéale est vraiment une maison qui favorise les bonnes relations entre tous. J’y travaille jour après jour. Maintenant que mes enfants sont ados, les moyens évoluent. On s’adapte. On n’hésite pas à utiliser le sms, quitte à passer par un satellite pour leur donner une information alors qu’ils sont juste de l’autre côté de la porte…

 

Et pour vous? Il y a quoi dans votre maison idéale?

 

Recherches utilisées pour trouver cet article elements de piliers de la famille, maison ideale organisatuon, maison idéale pour des enfants

9 commentaires

  • SUper cet article.
    Chez nous nous faisons sonner le bol tibétain pour l’heure du repas. Son très apaisant et reconnaissable par tous.

    Bonne journée

    • Blandine Gatel

      Chez mes parents c’était une cloche. Le bol tibétain: excellente idée; ça me rappelle mes vacances en Espagne cet été: on était dans un hotel au coeur d’une réserve naturelle et en même temps que nous se trouvaient des participants à ce qui ressemblait à un séminaire de méditation. Le ralliement se faisait avec le son du bol tibétain également. C’est vrai que le son est clair; il peut être fort sans être agressif.

  • Superbe article, et merci pour la présentation ! 🙂
    J’ai beaucoup aimé ta « cerise utopique sur le gâteau » : allez c’est cadeau je te donne la solution !
    Tu installes cet interrupteur magique chez toi https://fr.pinterest.com/pin/500884789782807381/
    et quand tu veux que tes enfants et mari viennent à table tu éteints toutes les lumières sauf celle de la cuisine !
    haha. Pas de quoi 🙂

  • J’ai un super souvenir du tableau/ardoise qu’un de mes copains avait dans sa chambre. On a passé des heures dessus à expliquer des choses, construire des mini-projets avec des copains, trouver des idées pour des fêtes, … C’est intéressant que tu le proposes aussi comme un moyen de communiquer et gérer ses émotions : comment t’en es-tu servi concrètement ?

    • Blandine Gatel

      On avait un grand placard dans le couloir devant les chambres. Et j’avais collé sur les portes un panneau de Velleda adhésif. Je n’ai pas vraiment guidé, je crois que je donnais l’exemple en écrivant ou dessinant « Je suis heureuse », ou « Désolée si je suis désagréable aujourd’hui, je me sens triste ». Il est possible que parfois j’ai écrit des questions comme « Quelle est ton humeur du jour? en dessinant des exemples de smileys ». En fait on communiquait plutôt par dessins.
      Les enfants écrivaient plutôt des phrases comme « vive les vacances » que des phrases qui parlaient d’eux mais c’était déjà un moyen d’expression.

  • Très chouette cet article ! J’avoue… Je n’ai pas encore d’enfants, mais je trouve que ces conseils se basent sur quelque chose de simple (et de terriblement efficace) : le bon sens. On a tendance à vouloir tellement bien faire pour tout et n’importe quoi dès que cela touche à notre progéniture qu’on se crée des angoisses et des problèmes qui n’ont pas lieu d’exister… !
    Mon adolescence n’étant pas si éloignée que cela (bon… un peu quand même), l’idée du panneau lumineux qui clignote pour appeler à passer à table m’a fait beaucoup rire ! C’est tellement vrai… Je crois que si cela existait, mes propres parents l’auraient adopté sans aucune hésitation chez nous !

  • Isa

    Très bel article ! En fait, je dois avouer que la façon dont tu as décrit les trois piliers est impressionnante. Je vais partager ce billet avec ma voisine. Je suis certaine qu’elle l’appréciera tout autant que moi. A+

  • Ailloud

    Bonsoir,
    Merci pour votre article !
    J’ai une solution magique pour la pancarte dans les chambres : un triangle (ou un instrument de musique qui fait un bruit agréable mais distinct). Chez nous, quand le triangle a retenti, les loulous arrivent à table sans tergiverser. Un peu pavlovien, mais ça fonctionne sans agacement, alors …
    Isba.

    • Blandine Gatel

      Merci pour l’idée du triangle Isba. Le son est en effet très spécifique, comme celui du bol tibétain évoqué par Alexandra. Je pense que je reprendrai l’idée pour une de mes prochaines vidéos de la série 1 Problème/ 1 Objet!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *