Bébé né d’une mère porteuse : l’histoire du premier enfant conçu par GPA

En 1980, un contrat inédit est signé aux États-Unis : une femme accepte de porter l’enfant d’un couple infertile, contre rémunération. Moins d’un an plus tard, un premier bébé naît selon cette entente, bouleversant les repères juridiques et médicaux en place.

Ce mode de conception, longtemps contourné ou interdit dans de nombreux pays, s’impose alors comme un objet de débats mondiaux. Les cadres légaux varient fortement d’un État à l’autre, créant des situations de droits complexes pour les familles concernées.

Comprendre la gestation pour autrui : définitions et principes fondamentaux

La gestation pour autrui, ou GPA, désigne le recours à une mère porteuse pour qu’un enfant puisse venir au monde au profit de parents d’intention. Cette pratique relève de la procréation médicalement assistée (PMA), dans les situations où une grossesse naturelle est impossible ou trop risquée pour la mère. On distingue clairement la maternité de substitution de la maternité biologique : la femme qui porte l’enfant n’est pas forcément celle qui lui a transmis ses gènes.

Il existe deux approches principales de la GPA. Dans la version dite « traditionnelle », la mère porteuse est fécondée avec les gamètes du père d’intention et devient donc aussi la mère biologique de l’enfant. Dans la GPA « gestationnelle », l’embryon est conçu à partir des gamètes du couple ou de donneurs, puis transféré dans l’utérus de la porteuse, qui n’a alors aucun lien génétique avec le bébé.

Voici les acteurs principaux et leur rôle dans le processus de GPA :

  • Parents d’intention : personnes souhaitant devenir parents et qui seront reconnus comme tels sur le plan légal.
  • Mère porteuse : femme qui accepte de mener la grossesse à terme, parfois sans aucun lien biologique avec l’enfant.
  • Enfant : issu d’une procréation assistée, il se situe au croisement de questions nouvelles sur la filiation, l’identité et les droits.

La gestation pour autrui place au premier plan le corps de la femme qui porte l’enfant, le projet parental et la trajectoire de vie du futur enfant. En France comme dans de nombreux pays européens, la GPA reste interdite, mais la possibilité pour des couples français de recourir à cette pratique à l’étranger et de faire reconnaître la filiation de leur enfant continue de nourrir des polémiques. Les tribunaux et l’opinion publique s’emparent régulièrement de ce sujet, révélant la tension persistante entre les lois nationales et la réalité des parcours familiaux transfrontaliers.

Quels sont les différents modèles de GPA à travers le monde ?

La gestation pour autrui varie considérablement selon les pays, en fonction des cultures et des systèmes juridiques. On observe principalement deux grands modèles : la GPA altruiste et la GPA rémunérée. Dans la première, la mère porteuse n’est pas payée, hormis le remboursement de ses frais liés à la grossesse et au suivi médical. Cette configuration existe notamment au Canada et au Royaume-Uni, où les services sociaux assurent un accompagnement structuré pour les familles et les porteuses.

Dans d’autres pays, comme l’Ukraine ou plusieurs États américains tels que la Californie ou le New Jersey, la GPA rémunérée est encadrée par un contrat. La porteuse perçoit une indemnisation fixée à l’avance, attirant ainsi des candidats du monde entier grâce à la solidité du cadre juridique et la rapidité de la reconnaissance parentale.

Le tableau ci-dessous synthétise les principales différences entre ces deux modèles :

Modèle Pays Spécificités
GPA altruiste Canada, Royaume-Uni Pas de rémunération, frais remboursés, suivi renforcé
GPA rémunérée États-Unis (Californie, New York), Ukraine Contrat, indemnisation, reconnaissance juridique rapide

Dans la majorité des cas, la fécondation in vitro (FIV) est privilégiée. Cette technique permet de dissocier totalement la mère porteuse de l’apport génétique. Chaque pays ajuste ses protections, ses contrôles et ses limites, face à une réalité mondialisée de la procréation et aux défis éthiques qu’elle soulève.

Entre législation et éthique : les grands enjeux de la GPA

La GPA cristallise de fortes tensions autour de la définition de la famille, du statut du corps féminin et de la notion de filiation. À Paris, la question se pose dans les textes de loi autant que dans les débats de société, entre l’interdit de la maternité de substitution et la nécessité de garantir la sécurité de l’enfant né par ce biais. La cour de cassation française a déjà tranché à plusieurs reprises concernant les enfants nés à l’étranger via GPA. En 2019, l’assemblée plénière a accepté la transcription partielle des actes de naissance, reconnaissant ainsi le droit de l’enfant à une identité, tout en laissant la mère d’intention dans une position juridique intermédiaire, naviguant entre adoption et reconnaissance pleine.

Au niveau européen, la CEDH (cour européenne des droits de l’homme) a insisté sur la protection de la vie familiale, tout en laissant chaque pays libre de fixer ses propres règles. Le Luxembourg s’appuie sur la jurisprudence pour garantir la stabilité de la situation des enfants, quand la France reste attachée à une interprétation stricte de la bioéthique. La question des droits parentaux se mêle à celle de la non-marchandisation du corps des femmes, alors que la procréation médicalement assistée brouille les repères traditionnels de la parentalité.

Les discussions traversent la société. Associations familiales, juges, médecins et citoyens s’affrontent ou s’accordent sur la façon d’encadrer la GPA. Reconnaissance de la filiation, bien-être de l’enfant, droits de la mère porteuse : chaque concept devient un point de friction, illustrant à quel point la rencontre du droit et de l’éthique n’est jamais linéaire.

Jeune couple tenant un bébé dans une salle d

L’histoire du premier enfant né d’une mère porteuse et ses répercussions

L’arrivée du premier bébé conçu par gestation pour autrui a bouleversé la manière de penser la parentalité et la procréation médicalement assistée. Retour à Cambridge, en 1985 : un couple a recours à une mère porteuse grâce à une fécondation in vitro (FIV) impliquant le sperme du père d’intention. La clinique, alors à la pointe de l’innovation, rend possible la naissance d’un enfant issu d’un procédé totalement inédit à l’époque.

Ce tout premier bébé né d’une mère porteuse a immédiatement attiré l’attention, remettant en question la place de la porteuse et celle des parents d’intention. Des spécialistes tels que Geneviève Delaisi de Parseval et Iréne Théry se sont penchés sur les dimensions psychologiques et symboliques de ce bouleversement. Les notions de filiation, de transmission et de récit familial s’en sont trouvées réinventées.

Les conséquences de cette naissance ont rapidement dépassé le cercle médical. La littérature scientifique, les débats de société et l’édition, avec des figures comme Myriam Szejer ou la maison Odile Jacob, se sont emparés du sujet. Les professionnels de la clinique ont vu affluer de nouvelles demandes, tandis que les législateurs tentaient de se saisir d’un modèle familial inédit.

Le parcours du premier enfant mère porteuse fait désormais figure de référence, ayant ouvert la porte à une multitude de trajectoires parentales et de récits singuliers. Cet événement a profondément transformé le paysage de la procréation et de la parentalité, dessinant de nouveaux possibles pour des familles en quête de repères.

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