Stopper les crises de colère avec 8 petits riens

expression de colère en bande dessinée

Cris, coups, dispute, crise, morsure… Ça vous dit quelque chose ? Ce sont des comportements typiques des enfants quand ils manifestent leur colère. Ça bouscule, ça fait du bruit, ça dérange. Parallèlement il existe aussi des manifestations intériorisées de la colère, comme l’enfant qui boude. Ces expressions ne sont pas moins importantes car elles peuvent conduire à l’anxiété, voire même la dépression.

Qu’elles soient impressionnantes ou silencieuses, comment gérer ces colères ?

Cet article est une contribution au laboratoire d’idées « Vers un monde meilleur ». Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est « La gestion des émotions« , proposé par Céline du blog « Apprendre en s’amusant » et son article « 5 pistes pour (ENFIN) éviter les crises ».

La première chose à faire pour vous est de savoir repérer les signaux annonciateurs de la colère.

Les signes de la colère chez un enfant

  • Emportements fréquents même pour des petits problèmes
  • Incapacité à expliquer ses sentiments quand il est fâché
  • Difficulté à se calmer quand il est frustré; respiration accélérée
  • Recours à des agressions physiques comme frapper, se battre, donner des coups de pieds, crier, cracher, faire des crises
  • Insensibilité apparente aux sentiments des animaux ou des personnes
  • Déni de responsabilité de ses agressions et report de la faute sur les autres
  • Besoin de rappels à l’ordre souvent
  • Difficulté à dépasser la phase de frustration
  • Passage à l’acte sans réfléchir
  • Comportement impulsif
  • Humeur sombre, silencieuse, émotions contenues
  • Dessins ou histoires contenant  des scènes de violence
  • Comportement menaçant vis-à-vis des autres

 

Chacun de ces problèmes peut aussi vouloir dire autre chose. Il peut y avoir un contexte qui rend l’enfant irritable sans qu’il n’en ait lui-même conscience (tensions entre les parents, harcèlement ou pression à l’école, dévalorisation, manque d’estime de soi, jalousie). Alors, il faut observer précisément  dans quel cas le comportement difficile se déclenche. On peut par exemple noter sur un calendrier à quelle fréquence ce comportement se produit. La colère dépend souvent d’un environnement : elle se déclenche plus souvent avec certaines personnes, à certains moments ou à propos d’un certain sujet.

Si vous êtes attentif à ce comportement, vous allez peut-être découvrir un élément commun qui vous aidera à mieux le gérer.

Mais le plus important pour que votre enfant maitrise mieux sa colère, est de lui montrer des alternatives à ses crises, qui vont devenir ses ressources.

Il ne s’agit pas de stopper ou supprimer ses manifestations mais bien de les remplacer par des comportements plus adaptés qui soulageront l’enfant de ces émotions intenses.

Et c’est très souvent ce qu’on oublie de faire : apprendre aux enfants quoi faire à la place d’une crise de colère.

L’idée est de trouver LA ressource qui aide le mieux votre enfant à prendre pouvoir sur sa colère. Et une fois qu’il l’aura trouvée, d’utiliser toujours la même, jusqu’à ce que ça devienne une habitude. Cela va demander de l’entrainement et encore de l’entrainement.

Chaque enfant est différent, alors c’est mieux de faire des essais : donnez-lui une ressource et voyez comment il réagit. Si la stratégie semble prendre, alors concentrez-vous sur celle-là en la pratiquant encore et encore jusqu’à ce que votre enfant puisse l’utiliser seul.

Ça peut prendre du temps, comme tout changement d’habitude alors accrochez-vous.

Vous devriez voir une diminution progressive de la colère au fur et à mesure que votre enfant gagne en self-control et applique son outil de remplacement de la colère.

Voici quelques stratégies pour aider votre enfant à gérer ses emportements, d’une manière plus appropriée :

8 ressources à apprendre aux enfants pour gérer leur colère

  1. Apprendre le vocabulaire des émotions

Beaucoup d’enfant manifestent de l’agressivité parce qu’ils ne savent pas comment exprimer leur frustration autrement. Ils ont besoin d’un vocabulaire des émotions pour exprimer ce qu’ils ressentent. Vous pouvez aider votre enfant à enrichir ce vocabulaire.

Voilà quelques mots pour commencer :

en colère, fâché, contrarié, irrité, frustré, fou de rage,

furieux, tendu, nerveux, anxieux, inquiet, craintif, énervé

Quand les mots sont acquis, encouragez votre enfant à dire sa colère.

Attention : Votre enfant peut hurler « Je suis vraiment fou de rage » ou « Tu me rends vraiment furieux ». Ne le reprenez pas. C’est exactement ce qu’on attend de lui : apprendre à exprimer son émotion plutôt que frapper ou l’intérioriser.

  1. Une formule d’urgence

Expliquer à votre enfant que, quand il sent la colère monter, il peut se parler à lui-même pour se contrôler. Le plus facile, c’est qu’il se choisisse une formule bien à lui qu’il pourra se dire dans les situations d’urgence.

« La colère monte, allez je compte » (à associer à la stratégie 6)

« Respire, parce que crier c’est pire» (à associer à la stratégie 6)

« Stop les coups, va boire un coup »

« La colère sonne la cloche, mets les mains dans tes poches »

« Je sens que je vais exploser, je monte dans ma fusée »

« Pas de coups de pieds, plutôt déchirer du papier »

« Je sors de mes gonds, je fais la respiration du dragon » (et lui apprendre à expirer doucement et souffler « comme un dragon »)

Trouvez une petite formule ludique en y intégrant ce qu’il doit contrôler et faites-la rimer avec une solution. Utiliser l’imaginaire des enfants, comme ses personnages favoris, sera d’autant plus fort. Une fois que la formule est trouvée, l’écrire, la dessiner, la rappeler.

  1. Utiliser l’énergie de la colère

Taper sur de la pâte à modeler, frapper un coussin, un punching-ball, lancer des pierres contre un mur (s’il n’y a personne à côté bien sûr), frapper un mur avec une batte en mousse. Aidez votre enfant à trouver le meilleur moyen d’extérioriser sa mauvaise humeur et encouragez-le à utiliser cette technique, que vous aurez cadrée de façon sécurisée.

Attention : dans certains cas, cette stratégie peut être contre-productive et augmenter l’impulsivité. A n’utiliser que si vous constatez une baisse de colère.

  1. Se fabriquer un refuge au calme

 

Demandez à votre enfant de vous aider à installer un endroit où il peut aller pour reprendre le contrôle de lui-même. Proposez quelques objets apaisants : des livres, de la musique, du papier et des crayons et encouragez-le à utiliser cet endroit pour s’apaiser.

  1. Déchirer sa colère en petits morceaux

Proposez à votre enfant de dessiner ou écrire ce qui l’a énervé sur une feuille de papier. Ensuite dites-lui de déchirer cette feuille en petits morceaux et de jeter cette colère. Il peut aussi utiliser cette stratégie en imaginant que la colère s’en va de lui en petits morceaux.

  1. Stop et respire

Montrez à votre enfant comment inspirer doucement en comptant sur ses doigts jusqu’à 5 ; faire une pause en comptant jusqu’à 2, puis souffler tout doucement en comptant de la même façon jusqu’à 5. Répéter cette séquence va créer un maximum de relaxation et réduire le stress qui pourrait se transformer en colère.

Montrer l’exemple le plus souvent possible : quand vous-même vous vous sentez en colère, faites cet exercice devant lui en disant tout haut ce que vous ressentez : « oh, je suis vraiment énervé que cette voiture m’ait coupé la route. Je vais respirer calmement pour me calmer. »

  1. imaginer un potager pour se calmerImaginer un endroit très calme

 

Par exemple une plage, le potager de grand-père, une cabane, un chemin en forêt. Quand vous apercevez les signes de colère se manifester, dites à votre enfant de fermer les yeux et d’imaginer cet endroit calme en respirant doucement. L’idéal est d’afficher une photo de cet endroit calme dans un lieu où votre enfant pourra la voir de temps en temps, comme un rappel de cette ressource.

  1. Dessiner ou écrire sa colère

Pour certains enfants, dessiner peut-être relaxant. Cela peut donc aider à extérioriser ses émotions dans un premier temps, puis se relaxer. Il est important, dans tous les cas, de permettre à l’enfant d’avoir toujours à sa disposition des feuilles et des crayons dans la maison mais aussi dans un sac, quand on sort.

Pour d’autres enfants, peut-être les plus grands peuvent trouver de l’apaisement en écrivant tout ce qu’ils ressentent. Ils peuvent le faire sous forme de journal ou sous forme de lettre à la personne contre qui ils sont fâchés. La lettre peut tout simplement être déchirée ensuite. L’objectif ici étant vraiment de sortir les émotions désagréables de son corps.

 

Apprendre à un enfant colérique comment se calmer n’est pas une chose facile. Ça prend du temps, ça nécessite d’être patient et constant. Ça nécessite aussi surtout de trouver soi-même des moyens de rester calme. En ce sens, on peut dire que c’est un travail à deux : le parent et l’enfant.

Au fur et à mesure qu’on avance ensemble sur le chemin d’une meilleure gestion de la colère, l’enfant devient plus heureux et la famille plus sereine.

Mais la gestion de la colère n’est pas seulement importante pour l’enfance, c’est surtout essentiel pour grandir dans un monde provocant, parfois même violent et toujours imprévisible.

 

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4 commentaires

  • Excellent article, j’apprécie particulièrement : déchirer sa colère en petits morceaux et la formule d’urgence!

    • Blandine Gatel

      La formule d’urgence est un moyen typique qui marche avec les enfants. C’est comme un slogan facile à se remémorer.

  • Merci Blandine pour cet article ho combien utile ! Ma fille ainée écrit sa colère. Ma benjamine la met en mot et mon cadet va s’enfermer dans une cachette ! Tous différents. Ce qui me semble nécessaire, comme tu l’as dit, c’est surtout que le parent reste calme. Si parent et enfant sont en colère ça part dans tous les sens, Si je reste centrée, je peux accompagner mon enfant et c’est super beau de le voir traverser sa colère et s’apaiser.
    A bientôt

    • Blandine Gatel

      Tu as tout à fait raison Alexandra. Si on arrive à appréhender la colère différemment: pas comme une attaque mais comme une opportunité que notre enfant rencontre à gérer une difficulté, on peut le voir avec admiration et non plus agacement.

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