Remédier aux douces violences en petite enfance

douces violences: encore toi

Vendredi dernier je suis allée à une conférence de Christine Schuhl « REMEDIER AUX DOUCES VIOLENCES » … Outils et expériences en petite enfance…* Au-delà d’un contenu auquel j’ai totalement adhéré, la conférencière a su nous captiver par un discours authentique et spontané. Elle a illustré ses propos avec une multitudes d’exemples vécus, racontés avec beaucoup d’humour. Voilà ce que j’en ai retiré.

« Douces violences »… En employant cet oxymore, Christine Schuhl attire notre attention sur nos comportements face aux enfants. Nos actes sont parfois en total décalage avec notre intention pourtant sincère de respecter l’enfant. Notre intention est douce mais nos agissements peuvent être « violents » sans que l’on s’en aperçoive. Il ne s’agit pas de maltraitance, c’est-à-dire d’une volonté délibérée de faire mal, mais d’attitudes et de paroles involontairement néfastes.

  • Les douces violences c’est tout ce qui se dit au-dessus de la tête de l’enfant. C’est toutes les paroles qui sont échangées sur l’enfant, autour de l’enfant. C’est par exemple les transmissions d’informations entre parents et professionnels de la petite enfance ; les échanges de professionnels à professionnels et de parents à parents. C’est le fait de parler de l’enfant à la troisième personne.

Y remédier c’est intégrer l’idée qu’on ne peut pas tout dire en présence de l’enfant. C’est organiser des moments de discussions entre adultes. C’est insister sur le « devoir de discrétion » que chacun se doit d’observer avec le plus grand soin.

  • Les douces violences, c’est la cadence de l’adulte imposées à l’enfant. C’est tendre la main à un enfant, non pas dans un geste d’accueil mais pour le tirer pour qu’il marche plus vite. C’est lui dire « Dépêche-toi » pendant la moitié de la journée et « Attends ! C’est pas tout tout de suite » le reste du temps.

Y remédier c’est se recentrer sur le temps de l’enfant.

  • Les douces violences, c’est faire entrer l’enfant dans la course à l’autonomie. C’est lui dire « si tu n’es pas propre tu n’iras pas à l’école » et le laisser entendre : « si je fais pipi là où il faut j’aurai accès au savoir ».

Y remédier c’est se poser la question : « nos actes éducatifs ont-ils du sens ? » et avoir l’honnêteté de reconnaître que nous avons parfois des paroles insensées pour un enfant.

  • Les douces violences c’est quand un adulte pose une étiquette « d’affreux jojo » sur un enfant, parfois sans même le dire mais en le manifestant par des soupirs ; si bien que cela finit par induire le comportement de l’enfant.

Y remédier c’est permettre à l’enfant de lire dans notre regard : « Je te fais confiance, je crois en toi, tu n’as rien à craindre de moi ».

  • Les douces violences, c’est toute la communication non-verbale. C’est le fait de lever les yeux au ciel, soupirer, avoir une posture fermée. Elle est deux fois plus violente que la parole car les enfants sont des éponges à cette communication.

Y remédier c’est montrer sa disponibilité et son ouverture sans un mot, rien que par la posture et l’expression du visage: c’est accueillir les enfants dans une crèche à leur hauteur en étant assis sur un tapis ou une chaise basse.

  • Les douces violences, c’est imposer des activités en collectivité au moment où certains enfants ont simplement besoin de s’isoler.

Y remédier c’est concevoir plus d’individualité dans les structures d’accueil même si cela doit chambouler le programme. C’est repenser nos démarches à l’égard d’un enfant en fonction de sa personnalité et de ses besoins du moment.

  • Les douces violences c’est dire à l’enfant « aller va jouer » au moment où il est collé à nous car il se sent en insécurité affective ailleurs.

Y remédier c’est repenser l’aménagement de l’espace ; revoir la disposition de la salle et le matériel proposé pour diminuer les conflits. C’est créer une atmosphère détendue pour que l’enfant se sente en « sécurité affective », comme Maria Montessori l’avait initié.

Mais par-dessus tout, remédier aux douces violences c’est avoir une confiance INCONDITIONNELLE en l’enfant. C’est croire qu’il est naturellement bon. L’homme a besoin d’entendre que l’on croit en lui. S’il ne l’entend pas enfant, il pourrait être attiré plus tard par les sirènes des sectes qui lui diront : « tu existes, tu as du talent, rejoins-moi ». Alors comprenons simplement que l’enfant n’a pas nos moyens de communication pour exprimer que quelque chose ne va pas. Il n’a ni la capacité intellectuelle ni les mots pour nous dire qu’il est en difficulté. En revanche il le ressent et laisse déborder ses émotions sous toutes formes. A nous de faire preuve d’empathie et de savoir recevoir « sa difficulté» en lui signifiant que nous avons foi en lui.

 

*Conférence du vendredi 21 novembre 2014 à Tarnos (40), organisé par l’Association de Recherche de Castillon

Christine Schuhl est éducatrice de jeunes enfants, Montessorienne, diplômée en Sciences de l’éducation, universitaire. Elle est depuis 5 ans, Conseillère Pédagogique Petite Enfance dans plusieurs établissements et rédactrice en chef de la revue Les métiers de la petite enfance.

 Remédier aux douces violences : Outils et expériences en petite enfance Broché – 20 mai 2011 de Christine Schuhl

Repérer et éviter les douces violences dans l’anodin du quotidien Broché – 5 février 2009 de Christine Schuhl

Vivre en crèche : Remédier aux douces violences Broché – 22 mai 2003 de Christine Schuhl

Quels sont les mots ou les gestes simples qui montrent à l’enfant que l’on croit en lui? Dites-le moi en commentaire.Flèche parents enfants

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