Education, retour à l’essentiel avec 5 experts

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Quand on devient parent, on souhaite le mieux pour notre enfant ; le mieux dans tous les domaines. Alors qu’il est si petit, si innocent et vulnérable, on le charge déjà de tout un tas d’idéaux que l’on a pour lui. Le problème c’est que, avec les années qui passent, tout nous semble important et bien vite on n’arrive plus à faire la part des choses entre ce qui est essentiel et ce qui l’est moins.

Avec l’aide de 5 spécialistes de l’enfance je vous propose de passer en revue 5 comportements éducatifs excessifs et 5 moyens de revenir à plus de simplicité.

Cet article est une contribution à la rencontre mensuelle inter-blogueurs « Vers un monde meilleur » dont le thème est ce mois-ci « Retrouver une certaine simplicité » organisé par guillaume du blog Santé Enfants Environnement Enfants. Vous pouvez retrouver son article en cliquant sur ce lien: « Comment un environnement minimaliste peut favoriser la santé des enfants »

1/ Retour au jeu avec Lawrence Cohen

Comportement éducatif excessif : scruter de trop près le développement de l’enfant

Marcel Rufo nous dit que les parents sont « des chercheurs, des explorateurs du progrès de leur enfant ». Ils scrutent le moindre développement, notamment une éventuelle avance ou un éventuel retard de développement. Il nous invite à plus de sérénité et nous rappelle que les enfants se développent tous mais pas au même moment

Remède : revenir à l’essentiel avec le jeu

qui-veut-jouer-avec-moi-lawrence-cohenAvant de chercher à tout prix à agir sur le développement de leur enfant, les adultes feraient bien de simplifier les choses en réintroduisant la place du jeu dans leur famille.

Le psychologue américain Lawrence Cohen nous le rappelle dans son livre « Qui veut jouer avec moi ? » traduit et publié par Isabelle Filliozat.

Jouer ça peut être très simple et pourtant extrêmement enrichissant pour l’enfant et pour le parent à tous points de vue. Il peut permettre à l’enfant de s’approprier une situation vécue difficilement, il permet d’éviter trop de phrases ; pour lui jouer c’est son langage.

Le jeu permet de nourrir le besoin d’attachement de l’enfant, de créer du lien privilégié avec lui.

Dans son livre, Lawrence Cohen donne des pistes aux parents qui n’aiment pas jouer, en leur proposant une multitude d’idées de jeux très simples qui ne demandent pas de gros efforts de la part des parents : coucou, cache-cache, bagarre (avec des règles), faire semblant, le pistolet d’amour

 

Les mots simples à avoir: en rentrant du boulot, crevé entrez dans l’imaginaire avec votre enfant: « On dirait que j’étais malade sans plus aucune force et il faudrait que tu trouves un moyen pour me redonner de la force »

2/ Retour à l’essentiel des règles de conduite avec Anne Guibert

Comportement éducatif excessif : mettre toutes nos attentes sur le même plan

Il y a des âges ou des périodes (particulièrement celles où les enfants ont besoin d’attention), où on est dans une spirale négative avec nos enfants : rien de ce qu’ils font n’est conforme à nos attentes. Dans ces moment-là, on a tendance à mettre sur le même pied d’égalité des comportements sans conséquence grave et des conduites réellement dangereuses

Remède : revenir à l’essentiel avec une question « Est-ce vraiment important ? »

Anne Guibert expert educationDans son excellent « Cahier pratique pour élever son enfant sans crier«  , l’auteure Anne Guibert nous propose de redéfinir ce qui est vraiment important de cette façon :

  1. « Faites le point : est-ce vraiment important ?
  2. Si ça ne l’est pas, peut-être pouvez-vous lâcher ?
  3. Si ça l’est expliquez-lui pourquoi
  4. Et si vous avez estimé que dire non était important, ne lâchez plus sur ce point-là… sous aucun prétexte »

Petit exercice, toujours tiré du Cahier pratique « Pour… élever son enfant sans crier » :

« C’est à vous ! Prenez un peu de distance. Tous les combats méritent-ils qu’on y consacre tant d’énergie ? Voilà des infractions typiques d’enfant. Classez-les en deux colonnes »

liste de comportements dérangeants

classer les comportements inadequats en deux colonnes

3/ Retour aux lois naturelles de l’enfant avec Céline Alvarez

Comportement éducatif excessif : imposer des apprentissages à notre enfant, l’évaluer, sanctionner l’erreur

Expert de l'education Celine AlvarezSelon la pédagogue Céline Alvarez, l’être humain n’apprend pas ce qui ne le motive pas. Après son expérience dans l’Education nationale, la pédagogue dénonce des pratiques qui freinent le développement de l’enfant : être trop directif dans les apprentissages et choisir à la place de l’enfant ce à quoi il « doit » s’intéresser, le contraindre à rester immobile, l’évaluer et sanctionner ses erreurs

Remède : respecter la nature de l’enfant : le laisser être partie prenante de son activité, le laisser se tromper et accueillir son erreur

« L’enfant apprend en étant actif et pas passif, quand il est aimé et pas jugé ». Il faut donc savoir le laisser faire là où on serait tenté d’agir à sa place et accepter qu’une action soit imparfaite

Les mots simples à avoir: « Vas-y, je te laisse faire. » « Tu n’as pas réussi cette fois-ci, tu y arriveras une prochaine fois »  « Je crois en toi »

4/ Retour à la confiance avec Christine Schuhl

Comportement éducatif excessif : trop cadrer par peur d’être débordé

Christine Schuhl expert educationOn cherche parfois à cadrer la vie de l’enfant, ses activités, la vie en communauté au nom de la « démarche pédagogique ».

Dans son livre « Remédier aux douces violences : Outils et expériences en petite enfance » , la conseillère pédagogique Christine Schuhl attire notre attention sur le fait que dans certaines structures de jeunes enfants, « l’activisme » peut ainsi être source de douces violences. En effet les projets pédagogiques prévoient que le jeune enfant participe à de nombreuses activités, ce qui peut avoir des effets pervers quand l’attention des professionnels finit par se détourner de l’enfant pour se focaliser sur l’activité en elle-même et son résultat.

Lors d’une conférence de ses conférences, Christine Schuhl avançait l’hypothèse que si l’on meublait et gérait à ce point les journées des petits, c’était peut-être par crainte de se retrouver débordé par leurs comportements et leurs émotions.

Remède : revenir à l’essentiel avec la confiance

En leur faisant confiance, en ayant la foi profonde que ces enfants sont naturellement bons, on baisse la tension d’un cran et on permet plus d’individualisation dans leur journée. On accepte qu’ils n’aient pas toujours les mots et moyens pour dire qu’ils ne vont pas bien et que leurs comportements inadéquats sont simplement un moyen de communication. S’ils se sentent ainsi en sécurité affective, il ne sera pas nécessaire de prévoir une multitude d’activités pour les tenir dans un cadre.

Les mots simples à avoir: « Tu n’as rien à craindre de moi » « Je te fais confiance » « Je crois en toi », « tu existes », « tu as du talent »

5 / Retour à l’écoute avec Thomas Gordon

Comportement éducatif excessif : parler, expliquer, argumenter

On a souvent tendance à croire que nos enfants attendent des solutions de notre part. Et quand ils rencontrent un problème, on se met à la recherche d’un tas de résolutions à leur proposer

Remède : revenir à l’essentiel avec l’écoute

Thomas Gordon expert educationBien souvent ce qui les aide véritablement quand ils sont en difficulté (mais aussi quand ils ne le sont pas), c’est simplement d’avoir notre attention, notre écoute inconditionnelle.

Thomas Gordon (« Parents efficaces: Les règles d’or de la communication entre parents et enfants« )  nous dit : « Quand votre enfant vous parle d’un de ses problèmes, il est aisé pour vous de penser immédiatement à comment vous pourriez l’aider à résoudre cette situation. Mais ce que vous dit l’enfant n’est souvent que la surface de son problème. La plupart des problèmes sont comme des oignons, ils ont un certain nombre de couches. En écoutant activement votre enfant, vous pouvez l’aider à éplucher les différentes couches de l’oignon et ainsi identifier le cœur de son problème.

Problème exposé :         « Je déteste Tania »

Deuxième niveau :         « Tania attire l’attention de tous »

Troisième niveau :          « Elle se fait facilement des amis »

Vrai problème :                « Je voudrais arriver à me faire des amis »

 

Une fois que le vrai problème a été identifié, la plupart des enfants ont en eux les solutions qui sont les meilleures pour eux. Résoudre ses propres problèmes accroit la créativité, la confiance en soi et ses capacités à les résoudre »

Les mots simples à avoir: « …. »

 

Aucun mot n’est nécessaire, il vaut même mieux les éviter ; seule la posture importe : il s’agit d’être pleinement attentif, regarder l’enfant dans les yeux, concentrer son attention sur lui et pas sur nous et lui faire confiance quant à son aptitude à trouver lui-même des solutions

A vouloir trop bien faire, on se perd parfois dans des méthodes bien compliquées.

Ces cinq experts de l’éducation nous donnent de belles leçons de vie en nous recentrant sur l’essentiel de la relation et du développement de notre enfant: le jeu, les règles essentielles, les lois naturelles de l’enfant, la confiance, l’écoute.

Un retour à une éducation plus simple, plus épurée.

 

6 commentaires

  • Merci pour tous ces points de vue inspirants, Blandine. Selon Richard Louv et Scott Sampson, le jeu (non structuré et non dirigé par un adulte) est également un moyen privilégié de connecter les enfants à la nature : les bienfaits apportés par le jeu m’émerveillent ! 🙂

  • Super ces livres! Je n’ai lu que celui de Thomas Gordon… celui de Lawrence Cohen me dit bien! Par contre tu n’as pas mis les liens pour que l’on puisse les trouver ?

  • Très bel article qui donne envie de se mettre à la lecture… ou alors d’aller simplement jouer avec les enfants et prendre du temps avec eux!
    Il n’y a pas de remède magique, ce que nous rappelle les experts c’est que les enfants ont simplement besoin de temps de qualité avec nous, adulte, mais c’est vrai qu’aujourd’hui on court tant que l’on a du mal à se poser avec eux. Merci pour ce rappel 🙂

    • Blandine Gatel

      Il existe des petits jeux qui se font en 5 mn. Il n’y a pas que le monopoly heureusement. Personnellement j’adore le Dobble pour ça: un jeu de carte, sans installation; on s’y met tout de suite. On fait autant de parties qu’on veut. C’est vite rangé.

  • Isa

    Je te remercie pour ces propositions !
    J’ai lu « Retour à l’écoute » de Thomas Gordon et je l’ai bien apprécié. Du coup, je suis certaine que je vais également aimer les autres bouquins ;).

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