Deux obstacles majeurs à la gestion de crise

Obstacles à la gestion de crise

Une de mes plus grosses difficultés quand mes enfants étaient petits était de gérer des situations de crise. Enfin quand je dis « situation de crise » c’est moi qui emploie ces mots. Eux ne l’entendaient pas ainsi. Quand je disais à l’un d’eux «J’aimerais que tu arrêtes de faire une crise », il me répondait avec force « Je ne fais pas de crise ; je veux simplement inviter Victoria ; c’est toi qui ne veux pas !!! ».

Si ce genre d’évènement était difficile à gérer pour moi c’est que ces demandes – nombreuses- étaient systématiquement accompagnées d’une espèce d’état d’urgence, comme si la vie de mon enfant dépendait de ma réponse.

En réalité, j’en étais venue à ne plus supporter aucune demande parce que mes réponses affirmatives allaient à l’encontre de mon besoin de calme, de maitrise du temps et de l’espace. Mais mes réponses négatives déclenchaient chez mes enfants des réactions dont l’agressivité me donnait l’impression de vivre un contexte d’urgence. Il fallait vite combler un manque et tout de suite.

L’urgence…

Voilà une situation à laquelle les jeunes parents ne sont pas préparés.

Aujourd’hui, j’arrive à me souvenir de ces évènements avec le sourire. Mais je me sais qu’il était difficile dans un contexte où tout était important, d’arriver à rester calme en situation d’urgence. Et pour cause, je faisais face à deux obstacles majeurs.

1er obstacle à la gestion de crise: le perfectionnisme

Je fais partie de ces personnes atteintes de la maladie du perfectionnisme. J’aime bien que les choses soient planifiées, organisées, prévues de façon à ce qu’elles soient traitées de la manière la plus parfaite possible.

Or, si l’on arrive tant bien que mal à vivre dans cette illusion de maitrise tant qu’on n’a pas d’enfant, cela devient absolument impossible à l’arrivée des enfants. La vie ne devient, à certains moments, qu’une série d’évènements imprévus et désorganisés d’autant plus qu’un package énorme nous arrive en même temps que les enfants : les émotions.

Dans son livre « l’apprentissage de l’imperfection »1 (que je recommande vivement à tous les perfectionnistes), Tal Ben-Shahar affirme que « Chez le perfectionniste, les sentiments n’ont pas de place dans le processus de décision».

Et voilà qu’un véritable tsunami de sentiments et d’émotions vient pourtant submerger les hommes et les femmes lorsqu’ils deviennent parents. Tout processus de décision en devient alors bouleversé. Ce qui était valable autrefois ne l’est plus. Il faut trouver un nouveau moyen de décider, avancer à tâtons et repartir sur de nouvelles bases.

Par la force des choses, et par leur simple présence, les enfants nous obligent à sortir de notre perfectionnisme. Tout reste à savoir le temps qu’on mettra à l’accepter.

2ème obstacle à la gestion de crise : la fatigue et le surmenage

Le deuxième obstacle est l’état qui nous empêche de prendre du recul sur une situation. Fatigue, liste quotidienne de tâches à assumer, nouvelles responsabilités accompagnées de leur lot d’émotions sont autant d’éléments qui nous incitent à appréhender certaines situations par le petit bout de la lorgnette et nous empêchent voir les problèmes d’une façon plus globale.

L’exemple typique est celui que j’ai décrit dans un précédent article « Trois astuces pour rester zen à la sortie des classes ». Lorsque l’on vient chercher son enfant à la sortie des classes, on ne vient pas seule mais entourée de tout le vécu de notre journée, de toutes les pensées des choses encore à faire avant le lendemain et aussi de tout ce qui nous attend les jours suivants.

Est-on vraiment disposé, à ce moment-là, à accueillir notre enfant dans son intégralité et avec lui aussi ses joies, ses peines, ses frustrations, son énergie refoulée depuis le matin ?

C’est pourtant tout ce dont il a besoin : un accueil inconditionnel de tout ce qu’il est à ce moment-là, à l’instant présent. Si on ne se sent trop fatigué, c’est peut-être le moment d’aller chercher quelques astuces pour s’apaiser: 6 façons d’améliorer sa santé.

 

Identifier ces deux obstacles : le perfectionnisme et le surmenage, est déjà un énorme pas vers une meilleure gestion des crises. Dans le prochain article je vous proposerai 3 moyens pour mieux supporter les frustrations de vos enfants.

Et vous ? Avez-vous identifié un autre obstacle qui vous empêche de bien gérer une crise ?

 

(1) Tal Ben-Sahar, L’apprentissage de l’imperfection, Editions Pocket, 2011

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2 commentaires

  • Bonjour Blandine,
    Qu’Est-ce qui m’empêche de gérer la crise de mes enfants à part la fatigue et le perfectionnisme dont tu as parlé dans ton article ?
    Le travail ! Quand j’ai le petit vélo qui trotte dans ma tête et que je ne suis pas dans l’instant présent, Dans ce moments là, je ne suis avec mes enfants que physiquement et je ne suis malheureusement pas disposée à gérer la crise !
    Mais j’ai bien tord, car ils vont vite me rappeler à l’ordre et je n’aurai guère le choix que de commencer par m’occuper d’eux si je veux repartir dans mes pensée.
    J’ai remarqué que chaque fois que je lâche tout de suite ce que je suis en train de faire pour m’occuper de mes enfants, la crise se désamorce plus vite !

    • Merci pour ton témoignage Alexandra. Oui c’est incroyable comme ils sentent les choses. Ils font très bien la différence entre une présence entière et une présence qui n’est que physique. Notre seul état d’esprit aura de l’influence sur la résolution de la crise.

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