Comment se faire obéir à la maison?

Se faire obéir de son enfant en le responsabilisant

« Je te redemande de te brosser les dents. Je te l’ai déjà dit 10 fois. Mais pourquoi est-ce que tu ne m’entends pas ? » Cette scène vous évoque-t-elle quelque chose ? Pourquoi est-il si difficile de se faire obéir même sur des actions très simples ?

1. Passer de la contrainte à l’adhésion

D’une manière générale, toute tâche difficile à accepter par un enfant sera facilitée s’il peut d’une manière ou d’une autre y avoir une part d’autonomie, d’initiative.

Je m’explique. Les enfants, pas plus que nous, n’aiment se voir contraints à faire quelque chose qu’ils n’ont pas envie de faire. Pourtant les contraintes sont nombreuses pour eux dans une journée :

  • Se lever
  • S’habiller
  • Ranger
  • Se brosser les dents…

2. Il est plus facile pour un enfant d’obéir s’il a un rôle à jouer dans les tâches qu’on lui confie

Il sera plus facile d’obéir pour l’enfant s’il a un rôle à jouer dans chacune des tâches, que si on le force à exécuter ce qu’on lui demande.

Pour le lever et le coucher, par exemple, on peut fabriquer le dessin d’une maison avec des volets qui s’ouvrent et se ferment. Quand l’enfant se lève, c’est lui qui est chargé d’ouvrir les volets. Cette petite maison annonce au reste de la famille que la journée commence.

Pour le brossage de dents, l’enfant peut lui-même tourner le sablier qui comptera les 3 minutes de brossage.

Quand il s’agit de sortir du bain, on peut l’inciter à sécher son jouet de bain : trouver un personnage favori que l’enfant peut baigner et lui fabriquer sa propre serviette pour que l’enfant soit chargé de le sécher quand il sera sorti du bain.

En cas d’action particulièrement pénible, comme prendre des médicaments, il est judicieux de préparer un petit calendrier pour que l’enfant puisse visualiser la durée du traitement. Il aura alors la tâche de coller une gommette sur chaque journée passée.

3. Donner de nouvelles responsabilités à son enfant, au fur et à mesure qu’il grandit

Parfois un enfant peut adopter un comportement difficile alors que tout allait bien jusque-là parce que les parents oublient d’adapter leur comportement à la croissance de leur enfant.

Cela est d’autant plus problématique si le parent est submergé au point de se sentir victime de l’ensemble des tâches qu’il a à accomplir. Faire obéir son enfant devient sa seule préoccupation alors qu’il suffirait d’avoir une autre approche : la responsabilisation.

Responsabiliser son enfant va apporter un double bénéfice :

 

Votre enfant se sentira important quand vous prendrez le temps de l’écouter et de parler de ce qui l’intéresse, tout en accomplissant une tâche côte à côte. Il n’aura plus le sentiment désagréable d’être contraint à obéir mais sera fier de la contribution qu’il apportera au bien-être de la famille. Nous retirons tous une satisfaction personnelle quand nous savons que nous avons fait une contribution positive dans la vie de nos proches. Nous pouvons commencer à donner aux enfants des occasions de ressentir cette satisfaction quand ils sont encore très jeunes.

Attention, vous ne pourrez tirer les avantages de cette mise en place que si vous acceptez que les choses ne soient pas faites comme vous les auriez faites : pas aussi soignées, pas aussi vite. La « finition » de la tâche n’est absolument pas l’objectif de l’exercice. Sachez renoncer à votre perfectionnisme, qui interfèrerait comme un véritable obstacle dans l’évolution de l’enfant. La maniaquerie ne fait pas bon ménage avec l’éducation. Si vous vous sentez débordée, il faut accepter l’idée que confier de nouvelles responsabilités à un enfant vous donnera plus de travail au début.

Quelles responsabilités ?

Voici une liste des gestes que l’enfant pourrait faire :

  • Manger seul
  • S’habiller seul (enfiler ses vêtements ou les boutonner ou les choisir, selon son âge)
  • Aider aux courses ménagères en mettant des achats dans le panier, lors des courses
  • Mettre le linge avec vous dans la machine
  • Arroser les plantes
  • Prendre un « petit déjeuner » seul quand il se réveille tôt le dimanche et que les parents veulent dormir un peu plus : il suffit de lui préparer la veille une petite briquette de lait chocolatée avec une paille par exemple et un petit pain.

 Le ton que vous employez va transformer la perception de l’enfant : il ne s’agira plus pour lui d’ « obéir » mais d’ « être responsable »

Pour finir, adopter une attitude cérémoniale pour annoncer de nouvelles responsabilités est aussi importante que ce que l’on va dire.

On peut par exemple se rassembler en famille, les deux parents et frères et sœurs pour annoncer que « Désormais c’est Martin qui s’occuperait de nourrir les poissons rouges. ». Le ton que l’on va utiliser et le temps que l’on va lui consacrer sont une véritable reconnaissance pour lui. Il entendra : nous voyons bien que tu as grandi et nous voyons que tu es capable de plus de choses qu’il y a quelques mois.

Cela le placera immédiatement dans une nouvelle attitude plus responsable.

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *