Comment déculpabiliser avec 2 feuilles de papier

déculpabiliser devant image du chat potté de Shreck avec les yeux ronds

 

A vouloir trop bien faire, on commet parfois des erreurs. Et l’éducation ne fait pas exception à la règle. L’exercice du jour va consister à en faire moins et déculpabiliser pour être plus efficace.

Il m’arrive de rencontrer des mamans particulièrement impliquées dans leur rôle de parent qui, au bout de quelques années d’éducation, se sentent complètement submergées par les demandes de leurs enfants.

Elles me disent d’un air étonné : « Je ne comprends pas : je suis totalement disponible pour eux. Je suis à leur écoute. Je suis là quand ils ont besoin de moi. Je passe leur bien-être en priorité sur tout. Je leur consacre tout le temps et l’énergie dont ils ont besoin et pourtant nos relations sont extrêmement tendues. Ils ne m’obéissent pas. Je me sens débordée. »

En fait, que se passe-t-il ? A vouloir trop bien faire, ces mamans sont restées au service de leur enfant comme lorsqu’il était bébé et totalement dépendant.

Petit flash-back sur une étape essentielle du développement de l’enfant

Dans les premiers mois de sa vie, chaque enfant a vu toutes ses demandes, tous ses besoins satisfaits dans l’immédiat : J’ai faim, maman arrive. Je suis mouillé, maman vient me changer. Je veux être rassuré, maman vient me prendre dans ses bras. Cela a développé chez chacun de nous ce que Jacques Salomé appelle l’ITPI : l’Illusion de la Toute Puissance Infantile. C’est-à-dire l’illusion que le monde tourne autour de notre nombril, que le monde est à notre service.

Au bout de quelques mois, il essentiel pour l’enfant d’opérer un sevrage relationnel

Pendant la période qui va de la fin de la première année de l’enfant jusqu’à ses 4-5 ans environ, il est indispensable que les parents mettent fin à l’illusion de toute-puissance de leur enfant. Il en va de la construction de la personnalité du futur adulte. Cela se traduit ainsi pour l’enfant :

J’appelle maman et elle ne vient pas parce qu’elle est occupée à autre chose.

L’enfant va apprendre douloureusement que ses désirs ne sont pas tout puissants. Et cette étape est parfois plus difficile à vivre pour sa mère que pour lui-même.

Pourtant, en expérimentant la frustration il se prépare à vivre sereinement au contact des autres. Il apprend à être capable de trouver du bonheur dans une société qui ne pourra pas satisfaire tous ses désirs. Alors…

Comment répondre NON aux désirs de son enfant sans culpabiliser ?

C’est le moment de mettre fin à la confusion qui peut exister entre les besoins de l’enfant et ses désirs.

– Les BESOINS sont de l’ordre de ce qui est vital: ce sont des éléments essentiels à la vie, à la sécurité et au développement de l’individu. Et les parents sentent bien que c’est leur responsabilité de répondre à ces besoins.

– Les DESIRS, quant à eux, sont toutes les demandes qui ne sont pas du registre du besoin. Ils constituent des éléments qui allègent le quotidien, contribuent à apporter du plaisir. Manger peut être un besoin, vouloir manger un gâteau au milieu de la journée est un désir. Il n’appartient pas aux parents de répondre aux désirs de l’enfant. Il est possible bien sûr d’en satisfaire quelques-uns mais cela doit rester exceptionnel, comme un cadeau.

En revanche, il est important que le désir soit entendu et reconnu : « J’entends que tu as très envie d’avoir un animal. Tu souhaites pouvoir t’occuper et cajoler un petit être vivant. Cependant la maison et notre vie de voyageurs ne se prêtent pas à tant de responsabilités. »

Les frustrations et émotions qui découlent de ce refus doivent être accueillis : « C’est frustrant de ne pas avoir quelque chose que l’on veut. Je sens que tu es en colère. »

Parfois l’enfant va avoir une réaction totalement inattendue : « oh c’est pas grave. » et passer à autre chose aussi rapidement que sa demande avait surgit.

Prendre 2 feuilles de papier

Pour bien distinguer les désirs des besoins, prenez deux feuilles de papier (ou imprimer le document joint). Sur la première écrivez en haut « Besoins » et sur la deuxième « Désirs ». Sur chacune dressez la liste des actions qui répondent aux demandes correspondantes.

Pourquoi est-il important de faire cet exercice ?

Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’expliquer à votre enfant que désormais, vous faîtes la distinction entre besoins et désirs : il faut que vous soyez intimement convaincu de la portée positive de cette distinction. Lorsque vous répondrez aux prochaines demandes de vos enfants, ne faites pas de réponse fuyante comme « on verra… ». Posez-vous la question « est-ce un besoin ou un désir ? » et répondez en adoptant une attitude ferme en expliquant brièvement les raisons de votre réponse.

Vous êtes maintenant prêt à déculpabiliser et faire face à la tempête

Ne vous attendez pas à ce que votre nouvelle attitude soit acceptée dans le calme. Cela génèrera, au contraire, des cris et des révoltes mais vous tiendrez bon car vous savez désormais quelles sont les demandes que vous devez honorer et celles que vous devez refuser et pourquoi. Vous savez également accompagner votre refus avec une écoute sincère des désirs de vos enfants. Et si vous ne sentez pas encore prêts, lisez aussi les Trois moyens de supporter les frustrations des enfants.

Et rappelez-vous que leur frustration d’aujourd’hui sera bénéfique et formatrice pour les futurs adultes que deviendront vos enfants. Feuille séparée en 2 listes: besoins et désirs

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