Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Avant j'avais des principes: mére débordée sur son canapé avec enfants qui jouent autour

Attendre un enfant, c’est aussi attendre toute la promesse qui l’entoure : l’idée de donner la vie, donner une vie idéale, donner la vie « idéale » selon ses critères à un petit être pour qui on fera tout ce qu’on pourra.
Ce petit être naît, vierge de tout mal et de tout tracas; il est « tout neuf », on se dit que pour lui le meilleur est possible : sa vie peut être merveilleuse puisqu’on est au début, que tout est à faire et qu’en tant que parent on fera le maximum pour arriver à lui donner ce meilleur.
Pourtant, dès la naissance, la jolie image d’Epinal rose ou bleu pâle, agrémentée de ruban et de Mustela qui sent bon, accompagnée de douces berceuses… cette jolie image en prend un coup avec la réalité des nuits difficiles, des pleurs incompris et de la fatigue qui s’accumule comme le sable sur une dune par jour de grand vent.
Les désillusions ne font que commencer. Et on en découvrira pour chaque âge.

Les longs moments de sérénité deviennent inexistants, une maison en ordre un doux fantasme. Des enfants souriants et reconnaissants ne sont que personnages imaginaires, la cohésion de famille où les frères et sœurs joueraient en paix est reléguée au rang d’espoir inaccessible et où les parents seraient solidaires face aux difficultés élevée au rang d’exploit exceptionnel…

Loin de moi la volonté de décourager les plus jeunes parents. Bien au contraire. Car au fond je sais qu’il existe des moyens pour se préserver de ces moments difficiles. On ne peut pas les éviter tous mais on peut en éviter beaucoup, en diminuer la fréquence et les effets sur le moral.

Eviter de tomber dans le piège des formules toutes faites transmises de génération en génération

L’un de ces moyens est d’éviter de tomber dans le piège des habitudes acquises dans le passé, dans le piège des formules toutes faites qui se sont transmises de génération en génération, plus par « principe » que par bon sens :
Les enfants doivent finir leur assiette. On doit dire bonjour. On doit être bien installé à une table pour faire ses devoirs. On doit se tenir tranquille dans une file d’attente. On doit mettre ses chaussons. On ne saute pas sur les lits. On ne se fait pas remarquer dans un lieu public etc…
Moi-même, je me suis souvent retranchée derrière le principe du « principe » pour éviter d’avoir à faire des choix et pour m’appuyer sur ce que je croyais être une discipline à suivre.
Pourtant j’ai bien fini par me rendre compte, d’abord qu’il était impossible de suivre des « principes » dans la réalité quotidienne : pas assez de temps, pas assez de place, pas assez d’écoute, pas assez… et ensuite que ces principes pouvaient avoir des conséquences dévastatrices dans la famille. 

Le non respect de ses principes déclenche chez le parent des colères qui cachent d’autres émotions

En fait, ce qui se passait c’est que le non respect des principes que j’avais fixés avait sur moi des effets terribles. Je devenais, irritée, frustrée, en colère, bref je vivais toute une gamme d’émotions qui ne servaient en rien à l’éducation ou à l’idéal de vie que je m’étais fixé.
Un séminaire avec Jacques Salomé m’a permis d’aborder le problème sous un angle que je n’aurais pas envisagé seule : « Cela vous met hors de vous que vos parents laissent leurs petits-enfants sauter sur le canapé. Pourquoi ? Y a-t-il une autre émotion derrière votre colère ? ». Oui, on peut le dire, il y a certainement le sentiment d’injustice car « de mon temps » quand j’étais petite il était formellement interdit que de sauter sur le canapé de mes parents. Et puis il y a le souvenir de l’émotion déclenchée par l’intervention autoritaire de mon père lorsque cette règle n’était pas respectée. Mais au fond, c’était leur canapé, leur responsabilité, leur choix. Il était temps de prendre du recul et de me demander si la situation méritait que je perde mon calme.

Revoir sa check-list

Forte de cette nouvelle façon d’aborder les choses : « Qu’est-ce que cela me fait ? Quelle sont les émotions que cela provoque chez moi…. ? », j’ai repris les choses à la base et j’ai revu ma check-list :

Ma check list qui pouvait être…

  • Est-ce que les enfants sont polis ?
  • Est-ce que les enfants se sont bien brossé les dents ?
  • Est-ce que le salon est rangé ?
  • Est-ce que j’ai eu un contrôle total sur leurs émissions de télévision aujourd’hui?
  • Est-ce que les vêtements des enfants sont propres ?
  • Est-ce que je leur ai laissé du temps pour me parler en cas de soucis ?

…. est alors devenue :

  • Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi concernant les enfants ?
  • Pourquoi est-ce important ?
  • Est-ce une raison suffisante pour s’y tenir au point de déclencher des conflits ?
  • Au fond n’est-ce pas secondaire ?
  • Dans quelles situations je me mets en colère ?
  • Mais au fond, au très fond, pourquoi est-ce que cela me met en colère ?
  • Quel est l’équilibre entre mes objectifs à long terme et l’harmonie quotidienne de ma vie de famille ? 

J’ai fait le tri. J’ai gardé des éléments de la première liste qui étaient importants pour moi, non pas parce que ça déclenchait des émotions chez moi mais parce que c’étaient des valeurs qui avaient du sens à court et long terme. Et puis j’ai débroussaillé et éliminé tout un tas de principes inutiles et énergivores.
C’était pour moi l’amorce d’une nouvelle vision de l’éducation:
Avant j’avais eu des principes – mais ça c’était avant; désormais j’avais des enfants!

Ca m’intéresse, dites-moi quelle est la question que vous enlevez de votre check list aujourd’hui.Flèche parents enfants

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