Absentéisme scolaire : 4 petits mots qui peuvent tout changer

Absentéisme scolaire

J’ai assisté hier soir à une conférence dont le sujet était « Mal être à l’adolescence ».

Il y a été notamment question d’absentéisme scolaire, de la difficulté pour certains jeunes de se fondre dans le moule si rigide de nos institutions et en particulier celui de l’Education nationale.

Un des moments les plus poignants de l’échange qui a suivi les exposés a été le témoignage désespéré de cette maman qui nous faisait part de l’impossibilité pour sa fille de se rendre à son lycée certains jours.

« Elle a envie d’y aller mais le matin il y a un vrai blocage »

« Elle a accumulé 34 jours d’absence depuis le début de l’année (c’est-à-dire en 6 mois) » nous disait cette maman. « Pourtant elle travaille, elle fait ses devoirs, elle a envie d’y aller mais le matin il y a un vrai blocage. »

De la réponse qui a été faite à cette maman par les professionnels intervenants je retiendrai ces mots :

« Vous avez raison de dire qu’il y a une souffrance chez les jeunes qui accumulent les absences. Ils voient leurs copains tous réunis à l’école, au collège ou au lycée et eux sont « empêchés », je dis bien empêchés d’y aller. La situation ne leur plait pas plus qu’à leurs parents.

Il faut qu’on sorte de nos têtes que c’est du caprice.

Il y a une incapacité pour eux de se rendre en cours. Votre fille, elle ne PEUT pas. » Phobie scolaire

« Elle-ne-peut-pas »

Voilà 4 petits mots qui nous font considérer le refus d’aller à l’école d’un autre point de vue. En cherchant un peu plus d’information sur le sujet de l’absentéisme scolaire sur le net, je suis tombée sur un dossier qui décrit la situation dans les mêmes termes :

« Dans la phobie scolaire, l’anxiété est devenue pathologique. Il est alors devenu impossible à l’enfant d’aller à l’école. Comme le souligne Marie-France Le Heuzey, pédopsychiatre à l’hôpital Robert Debré et auteur de Phobie scolaire : Comment aider les enfants et adolescents en mal d’école, « les jeunes que je vois en consultation ne refusent pas d’aller à l’école, ils n’arrivent pas à y aller, ce qui est différent. Voilà pourquoi je préfère dire plus simplement qu’ils sont malades de l’école et en rupture scolaire. » Il est donc impératif pour les adultes entourant l’enfant en phobie scolaire de bien distinguer le « je ne veux pas » du « je ne peux pas » »

http://www.speedylife.fr/Dossier-la-phobie-scolaire-ou-le-refus-scolaire-anxieux_a260.html

 On ne PEUT faire que ce qu’on PEUT IMAGINER

Lors de la conférence à laquelle j’ai assisté, le psychiatre intervenant a ajouté :

« On ne peut faire que ce qu’on imagine. Et pour certains jeunes dans ces moments-là c’est inimaginable de se retrouver en classe. »

Je me suis alors demandé si un travail sur l’imaginaire pourrait être une piste. On travaillerait avec l’enfant sur la visualisation qu’il peut se faire de lui dans sa classe : d’abord lui faire évoquer mentalement tout le parcours qui va de chez lui à la porte de son établissement, puis de cette porte à sa classe. Et le laisser s’imaginer dans la classe.

Ce travail est fait par tous les sportifs de haut niveau avant chaque compétition. Ne serait-ce pas là un moyen à tester ?

Mais concernant la phobie scolaire, les intervenants ont été unanimes : « Il n’y a pas de réponse unique à cette situation, beaucoup de choses peuvent se cacher derrière la phobie scolaire. »

Eviter à tout prix de rompre la communication avec l’enfant

Ils n’ont pas manqué de reconnaître le désarroi des parents : « Il est vrai que le corps enseignant ne comprend pas toujours et les parents ont l’impression d’être considérés comme trop laxistes alors que ça n’a rien à voir. Le problème est ailleurs. »

Parfois l’enfant est suivi à l’extérieur. Les conférenciers ont évoqué pour ces cas-là l’aspect très bénéfique de rencontres entre l’équipe éducative, les parents et la personne qui suit l’enfant de manière à trouver un consensus qui soit dans l’intérêt du jeune. Bien sûr ça demande de l’implication et de l’énergie de la part de chacun.

Comprendre que l’enfant ne va pas à l’école parce qu’IL NE PEUT PAS ne résout pas tout, mais cela peut tout changer si cela permet d’éviter la rupture de la communication entre l’enfant et ses parents.

 Quels moyens face au mal être des ados ?

Alors quels moyens a-t-on pour faire face à cette phobie scolaire ?

Le but de la conférence était de nous présenter en particulier 2 structures existantes pour aider les parents ou les jeunes dans leur problématique :

Les ITEP

Les Instituts Thérapeutiques, Educatifs et Pédagogiques (ITEP) sont des établissements médico-éducatifs. Ils ont pour vocation d’accueillir des enfants ou des adolescents présentant des troubles du comportement importants, sans pathologie psychotique ni déficience intellectuelle. Leur objectif est vraiment d’éviter le décrochage scolaire : continuer à assurer un enseignement au jeune tout en travaillant sur ses blocages.

Ils présentent l’énorme avantage de réduire l’absentéisme car les jeunes ne se sentent plus différents parmi les autres. En revanche ils présentent une particularité qui freine souvent les parents à s’en rapprocher. En fait les ITEP sont des institutions médico-sociales placées dans le champ de compétence de l’Etat et financées par l’assurance maladie. De ce fait le parcours pour y accéder a dû être défini très précisément. Et il a été décidé que les orientations en ITEP seraient notifiées par les MDPH, Maisons départementales des personnes handicapées.

C’est là que les familles ne s’y retrouvent parfois plus. Le mot « handicap » leur paraît très loin de ce qu’elles vivent et elles considèrent rapidement que cet Institut ne leur convient donc pas.

Le directeur d’ITEP présent à la conférence a reconnu le grand courage qui était nécessaire aux parents pour s’engager dans un tel processus. Reconnaître que son enfant « ne peut pas » et accepter de trouver d’autres moyens pour l’aider à poursuivre sa scolarité n’est pas évident. 

Les Maisons des Adolescents 

La Maison des Adolescents est un lieu qui accueille les adolescents de 11 à 25 ans (l’âge dépend des structures). Elle s’adresse également à leurs familles et aux professionnels.

Elle n’a pas pour vocation de travailler sur le décrochage scolaire. Aucun enseignement n’y est dispensé mais elle se présente comme un lieu d’expression des maux de l’adolescence.

Elle assure une fonction d’accueil, d’écoute, de soutien, et si nécessaire d’orientation des adolescents.

  • Ses missions : « L’adolescent doit retrouver, dans ce lieu, tous les moyens de construire son avenir.»

 L’accueil, l’écoute, l’information, l’orientation

L’évaluation des situations

La prise en charge médicale et psychologique

L’accompagnement éducatif, social et juridique

  • Les adolescents

Les Maisons des Ados sont des lieux qui accueillent les adolescents, quelques soient leur questionnements ou leurs préoccupations (médicale, sexuelle, psychique, scolaire, juridique, social…).

  • Les familles : « Je ne sais plus quoi faire, je ne le reconnais plus ».

Les Maisons des Ados sont très sensible à l’accompagnement des familles, que ce soit dans leur participation au projet de leur jeune mais également dans des actions qui peuvent être individuelles (en présence de l’adolescent ou pas) ou groupale (groupe de parole, débat…).

Les familles, ou principalement parents, peuvent y trouver un soutien mais également être intégrées à l’accompagnement proposé au jeune dans le cadre d’entretiens familiaux.

  • Les professionnels : s’unir dans une vision globale de l’adolescence.

Les Maisons des Ados ont aussi vocation à être des lieux ressource pour les professionnels. Au cœur d’un réseau départemental qui unie les partenaires amenés à intervenir auprès des adolescents.

Pour en savoir plus :

 

Et pour aller plus loin, vous pouvez lire un article sur le sujet de la phobie scolaire où les 4 questions suivantes ont été posées au pédopsychiatre Marcel RUFO.

-Comment réagir face à un ado qui ne veut plus aller au collège ou au lycée ?

-Les parents peuvent-ils reconnaître une phobie scolaire ?

-La seconde cause est-elle l’échec scolaire ?

-Comment pousser son enfant à l’école, sans lui mettre trop de pression ?

http://www.vosquestionsdeparents.fr/dossier/1485/mon-ado-ne-veut-plus-aller-au-college

 

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